Feuilletons d’aujourd’hui

La double vue du commissaire Duplex - Épisode 3

Par André Gardies Le 10/11/2014

     Raymond Duplex, célèbre commissaire à la retraite, vient de prendre la parole devant l’auditoire du Cercle littéraire et philosophique de Nîmes, pour parler de la photographie.

     « Mais la chose est-elle assurée ? L’œil ne peut-il parfois être abusé et la preuve ainsi s’évanouir ? C’est cela que je voudrais vous montrer aujourd’hui en vous rapportant une anecdote vraie dont seuls quelques noms ont été changés par souci bien compréhensible de discrétion.
     Voici plusieurs mois, je fus en charge d’une affaire de vol fort simple à première vue mais qui se révéla assez délicate.
     Un matin d’octobre, je dus me rendre accompagné de quelques agents sur les quais de la Fontaine, dans une de ces belles résidences bourgeoises qui donnent à ce quartier tant de cachet.
Une enquête qui aurait été de simple routine ne fut-ce l’identité du plaignant : une personnalité nîmoise du monde de la banque qui voulait éviter toute publicité. Les rumeurs se répandent à trop grande vitesse quand, dans ce métier, on a besoin de discrétion et de confiance. Le bruit d’une présence de policiers chez lui ne devait pas franchir les hauts murs du jardin.
     Tôt le matin, M. Laval-Atger, convenons d’appeler ainsi notre protagoniste, avait vaqué à sa toilette et à ses préparatifs ordinaires. Rien qui ne fût habituel, hormis un courant d’air froid qui le fit éternuer à deux reprises alors qu’il ajustait devant le grand miroir son nœud papillon. La journée promettait d’être agitée avec un mistral si matinal, avait-il pensé.
     Tout en lui servant le petit-déjeuner, Lucile, la nouvelle employée de maison, s’inquiéta de savoir s’il avait bien dormi. En effet, le banquier ne se remettait pas de la disparition, deux ans plus tôt, de son épouse. Alors, quand venait la nuit accompagnée de ses fantômes, bien souvent, il noyait son chagrin en compagnie des meilleurs crus d’Armagnac. Il en avait été ainsi la veille, concéda-t-il aux agents.
     Mais d’où provenait cet air vif, interrogea-t-il en éternuant une nouvelle fois. « C’est que monsieur aura oublié de fermer la fenêtre de son bureau avant d’aller se coucher », revint dire Lucile après avoir mené son inspection. « Mon bureau ouvert ! Impossible ! », lança-t-il en se précipitant dans la pièce incriminée.

(à suivre)

gardies3_niepce

Consulter le journal

gardies3_niepce2

Extrait 2

gardies3_niepce3

Extrait 3

Partagez cet article :
Retour Liseuse
Bibliothèque Nationale de FranceDRAC Languedoc-RoussillonLa Région Languedoc Roussillon1077228_mmmLanguedoc-Roussillon livre et lecture
Découvrez votre territoire sous un jour nouveau : que s'est il passé près de chez vous il y a 150 ans ?
Disponible sur Google Play
Disponible sur App Store
Et plus encore
Lire les feuilletons d'aujourd'hui