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“ Les mystères du midi ”
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1- La fin du 19ème siècle
A la fin du 19e siècle, la presse généraliste s’intéresse aux innovations de la science en général et aux recherches et inventions liées à l’optique et à la photographie en particulier. Le Petit Méridional propose depuis le 5 janvier 1895 une rubrique de vulgarisation scientifique intitulée « Les Miettes de la science », tenue par Micromegas .
En septembre 1895, il y est question de Chronophotographie, des inventions d’Edison dont le Kinetoscope et du « Cynématographe » Lumière ; en août 1896, le journaliste évoque les principes de fonctionnement de la nouvelle invention de M. Paul : le Kinetographe perfectionné . Les montpelliérains découvrent le Cinématographe Lumière le 23 avril 1896. Le Petit Méridional publie autour de cette date et sous le titre «photographie animée », plusieurs communiqués pour annoncer l’évènement, notamment le 22 avril 1896 .
Jusqu’à la première guerre mondiale, le cinéma est principalement mentionné dans la chronique locale pour signaler des soirées de projection et de cinématographe données soit par des forains, soit par des tournées, soit par des cafetiers. Si dans les premières années, l’aspect mis en avant dans les articles est plutôt la qualité technique (la netteté, l’effet de réalité, les images « grandeur naturelle »), par la suite les articles parlent plus volontiers du côté spectaculaire et de la variété des genres de films proposés (actualité, drame, comique, scènes de plein air…).
2- Les années 1910
Dans les années 1910, ce sont plutôt les vedettes de l’écran, notamment comiques (Rigadin, Max Linder…), qui sont mentionnées dans les encarts annonçant les séances des premières salles de cinéma.
Bien qu’il ne soit pas encore question de critique cinématographique, les journalistes s’attardent sur quelques films exceptionnels par l’ambition du projet et les moyens narratifs utilisés. Parmi les exemples les plus représentatifs figurent les adaptations de grandes œuvres de la littérature (telles « Notre-Dame de Paris », « Les Misérables »…) et les films italiens à grand spectacle (comme « Quo Vadis ? », « Les derniers jours de Pompéi »…) pour lesquels des orchestrations spéciales sont prévues.
La mode des romans feuilletons qui seront ensuite diffusés sous forme de films à épisodes transparaît dans les encarts publicitaires de la dernière page du Petit méridional : Fantômas en 1911 ou Les Mystères de New York en 1915.
La guerre qui marque un coup d’arrêt au développement du cinéma français jusqu’alors leader, ouvre grand l’accès, sur les écrans français, des films américains au style différent. Le Petit Méridional s’en fait l’écho. Charlie Chaplin et Max Linder sont cités, tout comme le bondissant Douglas Fairbanks . L’inventivité dans la narration et les moyens techniques utilisés par les américains renouvellent l’intérêt pour le cinéma.
3- Les années 1920
Commencent à paraître à la fin de la guerre et dans les années 1920 des articles plus fouillés sur la nature du cinéma, sur sa spécificité par rapport aux autres arts (la littérature, le théâtre, la peinture) auxquels le cinéma emprunte des éléments.
C’est à ce moment là que la critique cinématographique comme activité journalistique régulière se développe en France. Louis Delluc dans Paris-Midi dès 1918, Emile Vuillermoz dans le Temps, en 1919 et Léon Moussinac dans l’Humanité en 1921 ont été les premiers à tenir une rubrique permanente de critique cinématographique dans la grande presse à majorité parisienne. Il y avait aussi les rubriques de René Jeanne dans Le Petit journal, de Georges Charensol dans Paris-Journal et de René Clair dans Comoedia illustré, de Georges Sadoul dans Regards à partir de 1935 puis dans le quotidien Ce soir .
A partir du 11 mai 1922, Le Petit méridional publie sous le titre « La Semaine cinématographique », une rubrique consacrée au cinéma. Annoncée par un encart publicitaire , cette rubrique est « confiée à MM. Henry de Forge et René Jeanne, deux spécialistes de l’Art du Ciné » et paraît tous les jeudis.
Plus ou moins développée, elle se compose en général d’un ou plusieurs articles thématiques (par exemple « Pour l’école meilleure » ; « Le Ciné-parlement » ; « Le premier film sans sous-titres » ; « Films de terreur » ) et d’une partie information intitulée « En face et à coté de l’écran » ou « Devant et derrière l’écran » , sur les tournages, l’exploitation, les acteurs…
Cette rubrique existe encore en 1925. On y trouve des articles sur le cinéma en général signé par Pierre Sereno (« Autour de l’écran »), des articles sur les films (« D’un film à l’autre ») et de petites notules sur les tournages, l’actualité des acteurs… (« Les Echos du ciné ») .
Les programmes des salles de cinéma de Montpellier paraissent sous forme d’encarts publicitaires regroupés sous le titre « Spectacles et concerts ». Il est à noter qu’en janvier 1929, le cinéma muet tient encore l’affiche avec des films devenus des classiques du cinéma muet L’Aurore de F. Murnau ou Le Jardin d’Allah de R. Ingram .
Montpellier était déjà une ville cinéphile dans les années 1920. Nous retrouvons dans le Petit méridional des articles annonçant les activités du ciné-club « Les Amis du cinéma » : « association fondée en 1925, par quelques hommes dévoués, tels le Dr Ramain, Jean Catel, le professeur Carbou, le professeur E. Bouvier et, enfin, cet animateur essentiel qu’était notre regretté camarade Max Lang » .
Le Petit méridional annonce régulièrement les manifestations organisées par cette association comme par exemple la séance du 15 décembre 1929 : la venue de Germaine Dulac pour la sortie de son film « La Coquille et le clergyman » est l’occasion d’une conférence sur l’état du cinéma à un moment crucial de son histoire (le passage au parlant). Le Petit méridional précise que cette séance permettra de voir enfin à Montpellier « deux grands films qui ont tant fait couler d’encre : « Un chien andalou » [L. Buñuel] et « La Glace à trois face » [J. Epstein]. » Après deux années de pause, l’association cinéphile relance son activité en 1931, épaulée par les Amis du théâtre. Elle projette notamment, pendant la saison 1931-1932, les films de Trauber et de Eisenstein : « L’Express Bleu », « La Ligne Générale » ; un des premiers parlants admirables, « L’Halleluyah », de King Vidor ; le film muet de Sjostrom, « Le Vent » ; « Svmphonie Industrielle », de Joris Ivens et l’étonnante étude d’O. Fischinger : « Ciné-Rythme », sur la 5e Danse hongroise de Brahms ; et « Le Sang d’un Poète », de Jean Cocteau .
4- Les années 1930
Au début des années 1930, les sous-titres de la rubrique cinéma (« en sonore… », « … et en muet ») du Petit Méridional rendent compte de la transition progressive du cinéma vers le parlant tandis que les encarts annonçant le programme des salles de Montpellier confirment la coexistence des deux formes de cinéma à l’affiche des cinémas.
Le Petit méridional du 2 février 1930* est assez représentatif de la situation à Montpellier : alors que le Capitole programme le célèbre film muet de Buster Keaton « L’Opérateur » et que le Palace-cinéma met en avant l’accompagnement des films par l’orchestre du compositeur Baussart, le Trianon, qui s’est déjà équipé, projette le premier grand film français sonore et parlant « Le Collier de la reine » et les actualités sonores.
En dehors de la rubrique dédiée au cinéma, Le Petit méridional publie des articles sur le principe du film sonore dans une chronique scientifique signée Democrite et rédigée par un groupe de membres du personnel enseignant de la faculté des sciences de Montpellier . On trouve également des articles sur la technique permettant au cinéma d’être parlant dans la chronique « … et voici le courrier de la T.S.F. » signée Electron et paraissant le mercredi .
Des articles signés Jean Lebouchais évoquent aussi, dans la chronique locale, l’arrivée du cinéma parlant à Montpellier, au Cinéma Pathé, première salle de la ville à s’équiper : « Une extraordinaire innovation : le cinéma parlant » . D’autres salles suivent : « Le Capitole nous fera voir… et entendre les films sonores et parlants » et « Les films sonores et parlants au Capitole » . Au même moment, Pierre Rigaud s’interroge sur l’avenir de l’art dramatique avec le développement du cinéma parlant : Le parlant tuera-t-il le théâtre ? Il est à noter que le film devenu emblématique du passage au parlant, « Le Chanteur de jazz », à l’affiche du cinéma Colisée de Nîmes en novembre 1929, est annoncé à grand renfort de publicité dans Le Petit Méridional .
Par ailleurs, le traitement du cinéma dans Le Petit méridional des années 30 n’échappe pas à la mise en avant des stars du 7e art. La partie consacrée au cinéma s’étoffe : d’abord intitulé « Devant et derrière l’écran » et occupant un quart de page, elle passe à une page entière vers 1935 titrée « Le Cinéma » et paraissant le plus souvent le dimanche. Cette rubrique abondamment illustrée de photos propose des articles la plupart du temps anonyme , sur les films, les acteurs, les réalisateurs, les tournages, les cinémas nationaux… Il peut aussi y être abordé des questions sur l’évolution du cinéma – Jean Vidal s’y interroge à propos du film en couleur – ou sur des thèmes à la mode (par exemple « Napoléon vedette de nombreux films » ).
Vers la fin des années 1930 (1937 à 1939), Le Petit méridional ne semble plus consacrer régulièrement de page au cinéma au profit du sport (sous le titre « Tous les sports »). Les articles sont réduits à la portion congrue, tandis que les photos envahissent la page cinéma. On trouve surtout des notules sur l’actualité des acteurs ou sur des questions annexes (comme l’impôt sur les cinémas dans Le Petit méridional du 02.01.1938).
5- Les années 1940
Au début des années 1940, pendant la 2e Guerre Mondiale, le nombre de pages du journal est parfois réduit à 2 feuilles (une pour l’information nationale et internationale et une pour Montpellier et la région). Il semble qu’il n’y ait plus de page ou de chronique dédiée au cinéma. Ce dernier est parfois évoqué dans La rubrique « Feuillets épars » signée PAN : en décembre 1940, il y est question de cinéma en relief ; en janvier 1941 l’article évoque le départ de Jean Gabin pour Hollywood .
Paraissent également des informations ponctuelles sur les projections à Montpellier. Les programmes des cinémas notamment sont toujours annoncés dans une rubrique intitulée « Spectacles et concerts » ou « Les Spectacles » .









